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1. "La Femme Expliquée": édition "Le Jour", Montréal (1982)

A travers un grand balayage historique, nous reprenons la mise en place de nos schèmes de pensée et d'action ainsi que de leur évolution pour expliquer la psychologie de la femme occidentale en commençant dans les temps les plus anciens quand on adorait la déesse-Mère Ishtar jusqu'à nos jours.

Nous témoignons de notre double héritage, judéo-chrétien et graeco-latin, un héritage qui rend compte de la formation de notre psyche et des réactions que nous avons apprises à développer durant les siècles de cette splendide acculturation en devenir quoique, pour la femme, notre présent sujet, ce conditionnement fût agrémenté çà et là au cours des siècles de chausse-trapes à éviter, bien sûr!

En voici un extrait:

 

La femme,

         Etre mystérieux et fragile,

         Etre incompréhensible et changeant,

         En proie à ses émotions,

         Dotée de pouvoirs à la limite du maléfique,

         Responsable de la chute de l'homme,

         A la fois lumière et noirceur,

         A la fois astre brillant et abysse de perdition.

 

Ces idées et ces croyances ne furent que le produit de l'imagination masculine dans sa peur de l'autre sexe; mais, pour son propre malheur, la femme les adopta en les actualisant au cours des millénaires.

Comme le prisonnier qui, après des années d'incarcération, essaie de se détruire ou bien se fait l'instrument docile de son bourreau, la femme, enlisée dans l'état de léthargie dans lequel l'homme la confina, a perpétué les phantasmes masculins de génération en génération en leur donnant une forme concrète, réelle, sans doute par désir de plaire au maître qui l'avait choisie et asservie mais aussi avec la singulière satisfaction de se faire du mal.

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Cette peur de l'homme vis-à-vis de la femme représente la peur de sa chute.

Depuis les temps les plus reculés du paléolothique(...) jusqu'à la fin de la période néolitithique, il y a environ cinq mille ans, la femme représente le sexe dominant.

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La péeminence de la femme ne tient pas uniquement à son active contribution pour assurer la survie du clan et en améliorer les conditions par ses travaux et ses inventions, mais aussi à la croyance qu'elle seule crée la vie. On n'a pas encore fait le lien entre acte sexuel et procréation.

Ayant le pouvoir à la fois unique et mystérieux de donner la vie, elle est déifiée. Comme on peut le vérifier au cours de notre histoire, il semble que ce soit une tendance naturelle chez l'être humain d'investir de pouvoirs divins un phénomène inexplicable. Le sexe féminin eut donc l'honneur insigne, grâce à sa mystérieuse faculté de procréation, d'être le premier des deux sexes à avoir une représentation divine.
Les dieux mâles n'apparaissent que tard dans notre histoire humaine: ils se présentent en conjonction avec l'établissement des sociétés patriarcales entre trois mille et mille cinq cents ans avant notre ère.

 

Depuis quelque trente ans, pour le bonheur de tous, femmes et hommes, les mentalités ont beaucoup évolué même s'il reste, ici et là, encore quelques ajustements à opérer.

 

  blue08_next.gif Monographie disponible sur le site http://catalogue.cdeacf.ca

 

    2. "Les Thérapies au Féminin": édition "Le Jour", Montréal (1983).

Je présente dans ce petit opuscule ma pratique en psychothérapie auprès des femmes, celles-ci beaucoup plus nombreuses à rechercher de l'aide en psychologie durant les décennies 1970-1980. Il en est autrement en ce début de troisième millénaire. Tant les hommes que les femmes n'hésitent plus à demander de l'aide en psychologie.

En relisant ce livre, écrit il y a plus de vingt ans, pour les besoins de mon nouvel ouvrage "La psychothérapie éclectique intégrative" dans lequel je relate mes années de pratique en psychothérapie et le développement de cette approche nouvelle mutltimodale de l'être humain dans l'aide qu'on peut lui apporter pour résoudre ses problèmes, soulager ses souffrances, le guider vers des objectifs encourageant la réalisation de soi, je m'aperçois que les demandes des personnes venant en consultation ne sont plus exactement les mêmes: les mentalités ont évolué; donc, nos techniques elles-aussi se sont affinées, perfectionnées, diversifiées.

Le monolithisme en psychothérapie et l'approche unimodale qui n'avait déjà plus cours en Amérique du Nord dans les 1970 tend à disparaître en Europe pour le bien de tous, à commencer par celui des personnes consultantes.

    3. "Les Maladies-Refuges": édition "Libre-Expression", Montréal (1985). 

Hystérie, phobies, anorexie: maladies-refuges psychologiques de la femme au cours des siècles quand elle ne pouvait assumer les attentes, principes, interdits et autres pressions socio-psychologiques que la société lui imposait.

 

Si, avec la révolution sexuelle qui eut lieu au cours des années1960-1970, la femme vit sa sexualité sans tabous ou retenues malsaines, elle n'a donc plus à se réfugier dans l'hystérie, il n'en est pas de même pour la femme présentant des phobies, agoraphobie en particulier.Il y a encore trop de femmes prisonnières de leurs angoisses, de leur manque de confiance, de leur déprime.

 

Quant à l'anorexie, on sait ce qu'il en est avec le nombre de jeunes adolescentes et adultes qui s'engouffrent dans ce trouble du comportement alimentaire. Etre une sylphide, voie assurée vers le succès en amour, dans sa profession, et en amitié, est  une pression sociétale moderne des plus néfastes pour l'avenir des jeunes filles, jeunes femmes: car, le simple fait, apparemment banal, de ne pas manger va induire ou réveiller une pléthore de facteurs plus destructeurs les uns que les autres qui vont annihiler  les forces de ces jeunes personnes. 

 

Là, dans ce contexte, en vingt ans, rien n'a vraiment changé: si l'on reçoit moins d'hystériques lors de nos consultations, anorexiques-boulimique ou ce que j'appelle "état mixte" en TCA et phobiques restent pléthores.

  4. "Vivre à deux en amour": édition "Libre-Expression", Montréal (1986

A partir de réponses données à un questionnaire sur la vie du couple, nous avons établi une liste des priorités qui assurent la pérennité de la vie à deux. Entre autre facteur proposé à la classification, nous avons eu la surprise de constater que le ciment des couples qui "durent" n'était pas le facteur sentimental tel qu'amour réciproque, ou affection mais la confiance mutuelle, variable située en première place dans la majorité des réponses données.

   5. "Anorexie, Boulimie et Etat Mixte": édition "Publibook", Paris (2003).  

Parmi les personnes qui, au cours de ma carrière, ont suscité le plus de réflexion, d'analyse, de recherche en un mot, de ma part, afin de mieux les aider, il y eut et il y a toujours celles qui se trouvent prise dans le piège de cet objet, inerte en soi, la nourriture et de son effet sur leur perception d'elles-mêmes, l'image de soi.

Dans cet essai, à partir de l'analyse de nombreux cas diagnostiqués, parfois à tort par la personne qui vient en consultation, soit anorexie, soit boulimie, nous avons fait la distinction entre l'anorexie pure et dure, la véritable boulimie et les cas, les plus nombreux, tout au moins en ce qui concerne notre époque, l'anorexie-boulimie, anorexie avec des épisodes de boulimie, type de désordre que j'appelle ETAT MIXTE. Dans un premier temps, nous nous intéressons à cet objet qui est à l'origine de tant de maux, de souffrances, de malentendus, de recherche de soi, de séparation entre parents et enfant, entre mari et femme, c'est-à-dire la nourriture, les aliments.

Comment peut-on mettre tant d'espoirs ou trouver tant de désespoirs dans ce qui est, certes, un des éléments de la vie mais qui demeure, avant tout, une matière organique, c'est-à-dire, un élément neutre en soi et inoffensif, si ce n'est par la magie des fonctions symboliques qui lui sont attribuées par la personne ? Les différentes fonctions, une physiologique et trois symboliques  (symbolismes affectif, social et religieux) de cette nourriture sont donc analysées.

Puis, nous proposons un survol historique de l'anorexie et de la boulimie à travers les écrits qui sont parvenus jusqu'à nous. Depuis les temps les plus anciens, poèmes védistes et description de l'éthique spartiate pour le jeûn, récits de grandes agapes chez de célèbres mangeurs dans la Rome Antique, le jeûn dans tous ses excès a été pratiqué et, de même, très tôt dans l'histoire, on se laissa prendre par la gloutonnerie. Anorexie et boulimie ne sont pas des « problèmes » récents.Par contre, je considère l'anorexie-boulimie comme un trouble typique de notre époque observante d'un conformisme social à la fois pesant et attractif, la minceur, alternant avec les exigences d'un corps en état de dénutrition.

A travers l'analyse de cas présentés tant d'anorexie, de boulimie que d'état-mixte et ce, à différents moments de la vie, notre présentation allant de celle de nourrissons aux personnes âgées en nous arrêtant aux pré-adolescentes et adolescentes, puis aux jeunes adultes, on prend conscience du nombre pléthorique de facteurs qui jalonnent la vie des personnes souffrant de ces affections.

Basée sur nos observations et notre réflexion, nous faisons, par ailleurs, l'hypothèse selon laquelle certains de ces facteurs pourraient prendre leurs racines durant la vie intra-utérine ou dès les premiers mois de la vie, au moment de l'allaitement.

Parce que ces différents facteurs incitateurs, et/ou facilitateurs, dans leur multitude et leur intensité, vont agir en interaction au fil des ans, donc durant le développement de la psyché, aux moments des prises de conscience psycho-affectives et sociales, lors d'évènements traumatiques et surtout, dès les premiers signes de détérioration psycho-physiologique, on va passer d'un simple conditionnement qui, au début, conduit l'enfant, l'adolescente à ne pas manger ou à trop manger pour des raisons d'ordre psycho-affectif et social la plupart du temps pour aboutir à une véritable maladie.

Mon analyse de ces désordres du comportement alimentaire est donc une analyse de type holistique, c'est-à-dire que je tiens compte de tout un ensemble complexe de facteurs tant psychologiques que physiques et sociaux, individuels, familiaux, et situationnels pour expliquer la structuration de ces maux. Ces facteurs, dans leur multitude, au fur-et-à-mesure de leur apparition, vont s'influencer les uns, les autres. Ils forment donc un ensemble dynamique.

C'est, par ailleurs pour cette raison, ensemble dynamique de facteurs devenant interdépendants, qu'il vaut mieux détecter ces désordres à leur début pour être presque sûr d'obtenir une guérison.

Dans le cas précis de l'anorexie, m'étant attachée à définir trois étapes ou phases de progression de ce trouble, il est à conseiller à la jeune anorexique une prise en charge quand encore en phase d'extériorité, c'est-à-dire quand son contact avec la réalité est toujours présent Une fois atteintes ce que je nomme phase intermédiaire, puis phase d'intériorité, le risque est grand d'être confronté à des rechutes ou à des échecs complets.

Le dernier chapitre est consacré aux conseils adressés aux personnes en fonction de leur tranche d'âge et à leur famille ainsi qu'à l'approche psychothérapeutique observée tant dans le cas de l'anorexie, que de la boulimie ou de l'état mixte. Dans mon approche, j'utilise certains des principes analytiques ainsi que l'approche cognitivo-behaviorale, la conduite des entretiens se faisant soit dans un style directif ou bien rogérien, l'ensemble pratiqué au cours de consultations individuelles avec consultations familiales à intervalles quand les personnes, enfants, adolescents ou jeunes adultes, vivent avec leur famille.

Voir sites:      www.anorexieboulimieetatmixte.com

                     www.publibook.com

 

  6. "L'enfant maltraité": éditions "L'Harmattan", Paris mai 2005.

Ouvrage sous forme d'étude sémiologique de la maltraitance envers les enfants dans lequel    je démontre, à travers la présentation de plusieurs situations de maltraitance, l'importance des indices produits par l'enfant lui-même dans la détection des sévices physiques et/ou psychologiques qui lui sont infligés. Je lance en même temps un signal d'alarme au sujet des répercussions néfastes sur la santé physique et psychologique des enfants qu'ont certaines décisions de justice. En exemple, l'observation stricte de la parité père-mère dans l'attribution des jours de visite et de vacances ainsi que la mesure contestée et contestable de la garde alternée appliquée sans discernement sont en train de faire des ravages sur la santé et le psychisme des petits dont les parents s'entre-déchirent pour avoir leur garde. Que deviendront ces enfants malmenés quand parvenus à l'adolescence, dans une dizaine d'années? Des délinquants, des parricides, des matricides, des malades psychiatriques? Pour l'instant, ils sont les otages d'un des deux parents qui l'utilise pour se venger de l'autre parent et, ces enfants souffrent dans leur coeur et dans leur âme! Ne pas oublier que par-delà les exigences de certains parents, il y a un petit d'être humain, sans défense.

Les signes de maltraitance ou indicateurs de souffrance physique et mentale chez l'enfant que j'ai identifié au cours de ma pratique de psychologue clinicienne se regroupent en quatre types: les troubles de la vie de relation signifiant un déséquilibre de l'organisme, les troubles dans la vie psycho-affective révélateurs d'un ou d'une série de traumatismes répétés, les symptômes psycho-somatiques, les déficits ou retards dans les différents apprentissages dont les apprentissages scolaires.

a) Troubles de la vie de relation signifiant un déséquilibre de l'organisme :

      - Troubles du sommeil avec réveils nocturnes, cris, cauchemars, hurlements ou refus de s'endormir. En général, la difficulté de l'enfant à s'endormir s'accompagne de symptômes psychologiques appelés peurs, peur de la noirceur, peur de se retrouver seul quand il se réveille (à relier à l'angoisse de séparation, quand celle-ci s'opère à son insu,  de l'être aimé, voir infra, angoisse de séparation ainsi que le dernier paragraphe sur les peurs nocturnes et pleurs du soir).

     -  Troubles de l'appétit ( refus du biberon, régurgitations, picorage, anorexie, ou contraire boulimie) s'accompagnant de nausées et, ou de vomissements.

     -   Perte du contrôle des sphincters (énurésie, encoprésie) quand ce contrôle a été acquis auparavant  ou bien retard dans l'apprentissage à la propreté ; parfois, coprophagie.

b) Troubles dans la vie psycho-affective signifiant  un ou une série de traumatismes répétés dans sa vie psychique :

-  Changements de l'humeur avec colère, agressivité, nervosité, agitation.

-   Repli sur soi avec humeur triste et taciturne.

-   Conduite de négation avec refus, refus de faire ce qu'on lui demande, refus d'aller à l'école quand d'âge scolaire.

- Manque d'attention, de concentration, rêverie, absence d'écoute : ce qui explique la possible chute dans la performance scolaire si d'âge scolaire avec parfois, perte des acquis antérieurs ; ce qui rend compte aussi d'un possible retard dans les apprentissages scolaires.  Cette absence dans la fixation de ce qui se passe autour de lui, s'apparente à la perte du contact avec le réel.

-    Perte du contact avec la réalité : souvent est mentionné le regard « vide » de l'enfant quand il revient chez le parent maternant, son comportement « bizarre », errant de pièces en pièces comme pour se rassurer. Parfois, l'enfant s'enquiert auprès de son parent, tout en s'en inquiétant, si la chambre qu'il occupe est bien sa chambre, les jouets qui s'y trouvent sont bien ses jouets, le petit frère ou la petite sour, sont bien son petit frère ou sa petite sour. L'enfant redécouvre « son chez lui » qui n'est plus tellement « son chez lui » puisqu'on lui fait mener une vie d'allers et de retours dans plusieurs endroits (il arrive que l'enfant n'est pas toujours hébergé à chaque séjour chez le parent non maternant, mais chez ses grands-parents, oncles, tantes ou amis) donc de déséquilibre, de perte des repères, de perte d'identité et du sens de l'appartenance, les frontières entre le moi et le non-moi, ce qui est à moi et pas à moi s'estompant : il doit se réadapter à chaque fois, retrouver ses repères, reconstruire une identité morcelée, en voie de dépersonnalisation, de déstructuration.

- Angoisse d'abandon : le jeune enfant se sent abandonné par le parent qui le materne, le protège, lui assure sa sécurité, lui donne amour, affection, tendresse mais qui, du jour au lendemain, l'envoie ou le laisse partir, parce qu'il en a été décidé ainsi  par la Cour, avec un parent qui fait peur, ou presque inconnu ou avec qui il ne se sent pas bien. L'enfant pense alors qu'il n'est plus aimé, que sa mère ne veut plus de lui. Désemparé, il est si triste qu'il peut arriver à croire que c'est parce qu'il est « vilain » ou pas assez gentil que sa maman le punit, lui fait du mal en l'envoyant chez un parent qui l'effraye!

-  Absence de confiance en soi : La perte du contact avec la réalité due aux changements récurrents et aux ajustements imposés lors de la rupture des rythmes bio-psychologiques conjuguée à l'angoisse d'abandon entraînent l'apparition  de l'incertitude et du doute. Chez le jeune enfant, ce manque de confiance en soi se manifeste de façon particulière : on parle d'un enfant inquiet, qui ne « sait pas ce qu'il veut », changeant, « capricieux ».

c) Symptômes psycho-somatiques quand les troubles physiques et psychologiques culminent en intensité et, ou en chronicité.

              -  éruptions cutanées (eczéma, zona ou autres), asthme, maux de ventre, céphalées, convulsions, paralysies.

d) Déficits ou retards dans les apprentissages de base et apprentissages scolaires

     -apprentissage à la parole : le bégaiement peut apparaître; apprentissages à la propreté (se laver, se brosser les dents), aux bonnes conduites (bien se tenir à table, dire merci, bonjour etc.); apprentissages à la lecture, à la dextérité fine (dessins,écriture), au calcul.

 Peurs nocturnes et pleurs du soir.

Avec la noirceur, les peurs font surface en passant de l'inconscient au conscient. Pourquoi ? A l'arrivée de la nuit, quand la lumière fait place à l'obscurité, les ombres s'allongent, le monde visuel perd ses contours, ses formes et ses couleurs. Il devient monochrome : c'est la noirceur ; il se fait  indifférencié et neutre par l'évanouissement des formes et des couleurs.
L'appréhension naît de cette perte des repères visuels et familiers des formes et des couleurs. La nuit devient un gouffre à l'immensité sans fin, un vrai trou noir, un puits d'obscurité.L'infini et l'immensité induisent l'angoisse, l'angoisse de l'inconnu, de ce que l'on ne reconnaît pas, des situations que l'on ne sait prévoir où, à quel moment ; et, là dans la nuit, nous sommes face à l'infini et à l'immensité puisque nous n'avons plus nos repères visuels. De façon concomitante à l'apparition de l'infini et de l'immensité, pour ne plus être face au gouffre qui inquiète, l'esprit humain va
  imaginer un autre monde peuplé d'autres formes. Mais, cet autre monde, parce qu'il sort de l'imaginaire, ne possède plus les qualités du monde réel. C'est alors qu'on le dit peuplé de phantasmes, visions ou hallucinations, et croyances. On voit des ombres, des fantômes, des êtres  étranges ; on entend des loups ; on sent  la présence presque tactile d'une forme humaine qui se rapproche ; un parfum mystérieux nous la rappelle. Notons que, dès que les repères visuels à l'entour disparaissent avec l'obscurité, l'angoisse ainsi crée par ce vide perceptuel fait que tous les autres  stimuli sensoriels sont eux-aussi « déréalisés ». Ainsi donc, le moindre indice perceptuel qu'il soit visuel, auditif, tactile, olfactif va être interprété, magnifié, exagéré, déformé. Que ce soit le bois de l'escalier qui craque ou celui des poutres de la toiture, le grincement d'un gond de porte entr'ouverte, une lumière qui oscille dans la nuit, des branches d'arbre qui s'agitent au moindre souffle du vent, le cri d'un oiseau, le contact tactile d'un tissu peu familier ou une senteur inconnue, toutes ces perceptions vont prendre un relief particulier et, puisque transformées, sans rapport avec la réalité. Place aux phantasmes, à l'imaginaire, à l'irréel, aux peurs, à une angoisse abyssale. On ne reconnaît plus le bois qui craque : cela devient « quelqu'un qui monte les escaliers ou qui se trouve au grenier ». On ne reconnaît plus l'ombre de l'arbre, cela devient : « c'est quelqu'un qui se cache ou un fantôme », par exemple. Ce remplacement d'un monde par un autre s'inscrit dans les lois du comportement humain. Dès que le support perceptuel réel disparaît, le vide ainsi crée dans la connaissance physique est  comblé par les idées.
Or, dès que le monde idéeique sert à combler les manques du monde réel dans la connaissance et la reconnaissance, il y a danger : celui de voir les idées nous entraîner vers des croyances, vers ce qui est indémontrable! Ainsi naissent les craintes, les peurs, les phobies, les idées fausses qui procèdent de ces croyances [1]
. On peut alors se représenter ce qui se passe dans la tête d'un jeune enfant traumatisé par un départ soudain chez un parent presque un inconnu ou peu aimé ou franchement détesté, dont il a peur dans tous les cas, et chez qui il est obligé de passer la nuit ou une succession de nuits.
Non seulement doit-il faire face à la peur naturelle chez un être humain à la venue de l'obscurité avec perte des repères visuels et tout ce que cela implique comme indiqué supra, mais, en plus, il doit faire face à une autre peur, celle du parent qui est craint, dans un lieu peu familier, loin de son parent protecteur.
Cet enfant-là ne sera pas capable de surmonter une telle situation, celle de l'approche de la nuit,
  qui demeure très anxiogène. On comprend alors ses insomnies, cauchemars, cris, pleurs, hurlements, convulsions, somnambulisme, phobies de la noirceur et de l'obscurité sans oublier l'angoisse d'abandon à son paroxysme dans ce cas précis. De même, comme les peurs nocturnes de l'enfant entre deux et six à sept ans et plus [2] avec les pleurs du soir chez le tout jeune enfant, nous observons la même angoisse mais à son stade naissant, c'est-à-dire sous forme de stress physiologique. Cette angoisse dans sa forme inductrice de stress physiologique se manifeste, non pas par des peurs, fruits des idées quand elles prennent forme au stade de la pensée magique, premier mécanisme idéeique chez l'enfant, mais par une  tension du corps sous forme d'un raidissement, de l'irritabilité qui s'observe par les mouvements saccadés des quatre membres et des pleurs, un aboutissement de l'énervement et un relâchement de la tension à la fois.Le petit enfant réagit avec son corps à la perte de ses repères sensoriels à l'approche de la nuit et donc à l'angoisse provoquée par ce vide qui s'installe tandis que l'enfant plus grand réagit à cette même perte de repères perceptuels, visuels prioritairement, avec son imaginaire dès qu'il a atteint le stade de la pensée magique vers deux ans.
En d'autres termes, dès que l'enfant devient plus grand, c'est-à-dire quand il atteint le stade de la pensée magique vers deux ans, les peurs nocturnes se substituent ou accompagnent
  les pleurs du soir du jeune enfant.

De même que l'on peut se représenter ce qui se passe dans la tête d'un jeune enfant traumatisé par un retrait de ses repères familiers quand il est plongé dans un univers inconnu, on peut aussi se représenter l'état de stress subi et vécu par un tout jeune enfant de quelques mois à quelque deux ans quand on le sépare du parent maternant, nul doute que le petit être sera nerveux, colérique, toujours en pleurs , agité ou, au contraire, prostré.Pour le nourrisson, le tout petit enfant, il suffit bien souvent  qu'il entende la voix de sa mère, qu'elle le prenne dans ses bras, qu'il sente son odeur, qu'elle le caresse de sa main ou qu'elle  le câline contre son sein pour voir les colères s'arrêter brusquement, les pleurs cesser,  le gros chagrin disparaître,  l'agitation faire place à l'apaisement.Le petit enfant pleure le soir quand il ne sent plus la présence de son parent maternant,  de même il pleure quand il se sent seul dans la journée ou quand on le transporte dans un lieu dont les indices sensoriels lui sont étrangers, les pleurs étant l'expression de son désarroi devant la perte des indices sensoriels familiers ; de même, est-il rassuré quand il reconnaît  l'ensemble des perceptions sensorielles qui lui sont familières. Qu'on les appelle du soir ou pas, les pleurs du nourrisson et du tout petit enfant sont l'expression de son désarroi devant la perte subite des indices sensoriels, visuels, auditifs, tactiles, olfactifs et gustatifs qui lui sont familiers, en général provenant ou dépendant du parent maternant. De même, les peurs nocturnes du jeune enfant de deux à six et sept ans sont aussi l'expression de son désarroi face à la perte des repères essentiellement visuels et leur remplacement par les idées interprétatives. A ses peurs, que je qualifierai de naturelles, vient s'ajouter le stress d'un départ obligatoire chez un parent peu aimé ou craint, dans un lieu peu familier ou totalement inconnu.

[1]Dans les croyances, le mécanisme de la pensée utilisé étant la persuasion et non la démonstration,  la meilleure façon d'induire des croyances chez l'être humain, c'est de lui faire peur, d'utiliser la crainte, une émotion,  afin de modifier sa pensée, l'utilisation de cette émotion au détriment de son jugement donc de sa raison  permet alors de neutraliser  non seulement sa capacité à réfléchir par lui-même mais aussi à réfléchir tout court.

[2] Pour canaliser ces peurs et éventuellement les faire disparaître, à l'enfant doit être appris le contrôle de soi et la maîtrise des idées par le processus de rationalisation. Un enfant qui maîtrise ses peurs ne développera pas de phobies.

Voir sites:   www.garde-alternee.com           

                  www.maltraitance-stresschronique.info

                  www.editions-harmattan.fr

7. Une approche en psychothérapie éclectique intégrative,  publié par Publibook, Paris, 2008.

 

Regard et réflexions sur ma pratique en psychothérapie comme psychologue clinicienne ayant exercé des deux côtés de l'Atlantique. Une approche éclectique intégrative basée sur une appréhension holistique et systémique de la personne dans tous ses états, du normal au pathologique.

Dans cet ouvrage, après un balayage historique dans le développement des techniques psychothérapeutiques à partir des modèles théorico-pratiques solidaires de l'évolution des mentalités, donc des progrès dans les disciplines scientifiques, je propose de donner une valeur équivalente tant aux méthodes utilisées quand appropriées aux demandes et besoins et aux attentes de la personne consultante ainsi qu'à sa symptomatologie et à ses conditions de vie particulières qu'à une série de facteurs inhérents à la situation crée par toute relation à but thérapeutique dont le temps comme facteur thérapeutique à la fois physique et psychologique, les aptitudes du psychothérapeute, les caractéristiques de la personne consultante, sans oublier les aléas de la vie qui font qu'une psychothérapie pourra "réussir" plus vite, "échouer" ou être "retardée".

 

Voir sites:http://www.psychotherapieintegrative.info

 

                 www.publibook.com

 

8. Article: Péripéties des Tout-Petits au coeur des changements sociétaux, pp.83-98, revue Spirale, La Garde Alternée, n°49, 2009; publié aux éditions Eres.                      

http://www.editions-eres.com/resultat.php?Id=2319

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Ce texte est la propriété de Dominique Brunet. Toute reproduction sans mon autorisation est interdite.

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